J.63-64

C’est pas parce qu’on a 80 km de vélos à faire aujourd’hui que nous ne pouvons pas aller voir la cathédrale! Au matin, nous allons donc nous promener un peu dans le centre historique de Burgos et prendre un bon et chaud café en face de ce célèbre monument.

Nous entamons ensuite notre route, sans trop trop savoir le genre de paysage qu’elle nous réservera.

Nous roulons d’abord sur une route assez achalandée qui traverse des terres agricoles, puis prenons un petit chemin de campagne après une vingtaine de kilomètres. Nous nous retrouvons rapidement face à de petites chaînes de montagnes qui s’élèvent tel un grand mur devant nous… Pas de panique, le chemin que nous suivrons ne devrait pas être trop difficile.

Et, effectivement, ça descend beaucoup plus que ça monte, le chemin se faufilant entre les montagnes la majeure partie du temps.

Et quelles montagnes! Elles ont l’air faites de sable et nous offrent un tout nouveau type de paysage; un peu… lunaire?

Nous traversons ainsi ce vaste territoire pour arriver dans un secteur de « défilés », où la route est creusée dans la roche. C’est tellement impressionnant! Et l’effet, quand on traverse ces tunnels aux parois irrégulières, est un peu angoissant; ça donne l’impression d’avancer et de reculer en même temps, l’impression qu’on n’en sortira jamais!

Puis, on retrouve l’Èbre, ce même fleuve au bord duquel nous avions dormi au tout début du voyage juste avant d’arriver à Valence. Ce qui veut dire qu’il traverse pratiquement tout le nord de l’Espagne, waw!

Nous arrivons finalement à Trespaderne, notre destination initiale. Comme il fait encore claire, nous décidons de poursuivre notre route afin de prendre de l’avance sur la journée de demain. 

Nous allons donc jusqu’à Frías, un petit 15 km de plus. Là, nous prenons le temps de visiter un peu (y’a quand même une église et des ruines de château!), puis partons à la recherche du spot parfait pour dormir. 

Nous le trouvons un peu en retrait de la route, dans la montagne et probablement dans ce qui est l’un des derniers recoins de forêt sauvage du nord de l’Espagne.

Nous avons même la chance de manger sous la lumière de la pleine lune! (Et à chaque nuage qui passe je m’exclame « bon quissé qui a encore joué avec le dimer de la lumière!« Julien ne me trouve pas très drôle, mais moi je la ris à chaque fois.)

La nuit sera un peu étrange et stressante, puisque nous aurons droit à un petit concert de cris d’animaux, probablement des sangliers; jamais entendu ça de ma vie, c’était un son tellement bizzare…

Enfin bref, ils se promèneront dans les alentours, sans venir crier trop près de nous… Mais quand même, il reste que c’est la première fois que j’ai eu (vraiment) peur la nuit.

Au matin, nous nous levons sous les nuages, mais au moins il ne pleut pas encore! Et toute notre nourriture est là, signe que les sangliers et autres animaux de la forêt n’en ont pas voulu; c’est déjà ça. Nous déjeunons rapidement puis prenons la route.

Une légère pluie nous rejoint rapidement et le vent se met de la partie. Nous longeons l’Èbre et croisons d’autres défilés, à mes yeux encore plus beaux que ceux d’hier! Et nous arrivons dans le fameux Pays-Basque, dont nous entendons parler depuis si longtemps.


La pluie s’intensifie et il fait assez froid. Je ressors mes protèges-souliers et ma cagoule, rangés depuis Barcelone… Disons que je ne m’en ennuyais pas trop.

Nous croisons quelques petits villages, dont Salinas de Añana (où ils font du sel!). C’est très joli, mais la pluie et le froid ne nous donnent qu’une envie: arriver au plus vite à destination, à Vitoria-Gasteiz, où nous attend (au chaud et au sec) Alfredo, notre hôte warmshower, que nous a chaudement recommandé Alberto lorsque nous étions de passage à Ourense.

Il nous reste donc quelques petits villages à traverser, puis nous faisons une entrée réussie dans la ville… Par la zone industrielle, vide le dimanche… Nous arrivons ensuite dans le « nouveau » secteur de la ville, rempli de tours à condos de tous les genres…

Là, après une douche chaude qui finit d’effacer les cris de sangliers de ma mémoire, nous mangeons un délicieux repas-chaud et discutons un bonne partie de la soirée. Puis dodo! Au chaud et au sec 🙂

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